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Propositions d'aménagements du permis de chasser

Note de la rédaction :  Ces propositions publiées dans la Lettre de l'ANCER en 1994 ne sont pas récentes. Alors qu'au moins la première d'entre elles aurait du être soutenue par les instances cynégétiques, elles ont été boycottées pendant plusieurs années, de peur que la masse des chasseurs de France ne se rendent compte que l'ANCER fait aussi des propositions.
Aujourd'hui, le permis accompagné a été adopté, mais l'âge de 14 que nous avions proposé n'a pas été retenu, ce qui est regrettable.
Mais personne ne sait que c'était une proposition de l'ANCER ... 

Le permis " Jeune chasseur accompagné "

Pourquoi :

Depuis plusieurs années, le départ des chasseurs âgés n'est plus compensée par l'arrivée de jeunes, ceci se traduit par une baisse du nombre de permis mais aussi par un vieillissement de la population cynégétique. Le monde de la chasse n'étant plus tiré de l'avant par des jeunes trop peu nombreux, les chasseurs ont de plus en plus tendance à se réfugier dans un immobilisme frileux et à refuser toute évolution.

Le peu d'attrait représenté par la chasse pour les nouvelles générations a plusieurs causes. Les plus évidentes sont l'évolution vers un mode de vie urbain, la difficulté pour le chasseur des villes de disposer d'un territoire, la baisse des populations de vrai gibier et le recours au gibier d'élevage.

On peut aussi sérieusement suspecter, comme autre cause de désaffection des jeunes pour l'activité cynégétique, un âge d'initiation nettement moins précoce que par le passé.
Alors qu'autrefois dans les campagnes, l'apprentissage à la chasse se pratiquait très tôt, en compagnie d'un père ou d'un grand-père, (parfois dès qu'un enfant était capable de tenir une carabine de jardin), les modifications du mode de vie et l'évolution des mentalités vers un plus grand respect des réglementations incitent aujourd'hui les jeunes à attendre l'obtention de leur premier permis pour oser s'initier à la chasse.
Au cours des trente dernières années, l'âge de la majorité a été abaissé de 21 à 18 ans, l'âge des premières sorties et des loisirs pris indépendamment des parents est passé d'environ 18 ans à 16 ans et moins. Paradoxalement, pendant la même période, l'âge d'apprentissage à la chasse a évolué dans des proportions exactement inverses, de 12-13 ans à 16 ans révolus.
Or il se trouve qu'à 16 ans on n'a pas forcément envie de suivre son grand-père "comme un petit" alors que dans un même temps on est de plus en plus sollicité pour sortir entre copains et copines "comme un grand"...

La mise en place d'un "permis de jeune chasseur accompagné" pouvant être obtenu deux ans avant l'âge d'accession au permis définitif, permettrait aux jeunes de découvrir l'activité cynégétique à un âge où il est facile d'acquérir des bonnes habitudes et où le temps n'est pas partagé exclusivement entre les études et les sorties entre adolescents.

Les jeunes étant beaucoup plus ouverts à la notion de gestion de la faune et de l'environnement que ne le sont leurs aînés, l'arrivée d'un plus grand nombre d'entre eux dans les rangs des chasseurs ne pourrait qu'avoir un effet bénéfique sur l'évolution des mentalités.

Comment :

A l'image de ce qui est aujourd'hui prévu par la "conduite accompagnée" pour l'apprentissage de la conduite automobile, la chasse accompagnée serait autorisée aux jeunes âgés de 14 à 16 ans ayant satisfait aux épreuves d'un examen d'un niveau équivalent à celui qui existe actuellement pour l'obtention du permis (ou d'un examen simplifié si le niveau de l'examen définitif venait à être renforcé). L'âge minimum pour passer cet examen serait de 13 ans.

L'accompagnateur devrait être un adulte âgé de plus de 21 ans, titulaire du permis depuis plus de cinq ans et n'ayant pas subi de condamnation pour délit de chasse au cours des cinq dernières années. La qualité d'accompagnateur pourrait être mentionnée sur le permis et éventuellement donner lieu à quelques séances de formation.

L'exercice de la chasse accompagnée peut se concevoir de différentes façons qui ont en commun l'obligation faite au "moniteur" et à son "élève" de rester en permanence "à portée de vue et de voix".

La plus libérale, sûrement la plus simple, et peut être la meilleure, consisterait à autoriser tous les modes de chasse au jeune chasseur accompagné. En effet, celui-ci ne présente pas plus de danger pour autrui qu'un jeune de 16 ans non accompagné ou que beaucoup d'adultes...

Bien que ceci ne semble pas indispensable, on peut également envisager dans un souci de sécurité, de n'autoriser qu'une seule arme au binôme "jeune + accompagnateur" pour la pratique des chasses collectives ou dans le cas de chasse au grand gibier. Cette restriction ne s'appliquerait pas aux chasses individuelles ou à poste fixe du petit gibier pour lesquelles chacun pourrait avoir sa propre arme.
Enfin, des mesures encore plus contraignantes comme la limitation à une seule arme quelle que soit la chasse pratiquée ou l'interdiction catégorique de certaines chasses et de certaines armes, sont ànotre avis des solutions à écarter car de telles règles, peu justifiées sur le plan de la sécurité, risqueraient d'être un frein trop puissant à l'adhésion des jeunes.

En cas de non respect des règles ou d'infraction caractérisée commise par le jeune en action de chasse accompagnée, l'accompagnateur endosserait la responsabilité des fautes commises et le jeune chasseur se verrait retirer son permis. En cas d'infraction commise par l'adulte, seul celui-ci serait pénalisé, l'élève ne pouvant être tenu pour responsable des fautes de son aîné.

Pour que ce type d'apprentissage demeure attractif pour les adolescents malgré les quelques restrictions qui y seraient apportées par rapport à un exercice normal de la chasse, le prix de revient du permis "jeune chasseur accompagné" devrait rester nettement inférieur à celui d'un permis normal. L'accès aux territoires de la société de chasse où exerce habituellement l'accompagnateur devrait quant à lui, être gratuit pour l'élève pendant sa période d'apprentissage.
Toutes ces modalités dans la pratique et la réglementation de la chasse accompagnée sont à définir dans les détails par les spécialistes de l'Office National de la Chasse, en concertation avec les instances dirigeantes cynégétiques.


Le permis de responsable Cynégétique

Pourquoi :


Avant d'être celui qui bénéficie d'une situation privilégiée et qui reçoit les honneurs, le dirigeant cynégétique devrait être celui qui sait. Capable de donner de bons conseils, son rôle est de parfaire l'éducation des chasseurs de la base. Pour cela, la bonne volonté et l'expérience du terrain ne suffisent pas, certaines connaissances s'imposent.
Ceux qui dirigent actuellement la chasse - que ce soit au niveau des fédérations ou des sociétés de chasse et ACCA étaient pour la plupart titulaires d'un permis de chasse avant la mise en place en 1976 de l'actuel permis de chasser, ils n'ont donc jamais eu à en passer l'examen obligatoire, ni à acquérir le minimum de connaissances théoriques indispensable à la réussite de cette épreuve.
Si certains dirigeants font preuve d'une culture incontestable et brillent par leur savoir en matière de chasse, d'autres plus nombreux qu'on ne l'imagine, sont sur le plan cynégétique totalement incompétents, et donnent de la chasse et des chasseurs une image déplorable.

Ainsi entend-on certains présidents de sociétés (parfois administrateurs de fédérations) parler de migrations de sangliers et de lièvres, vanter les mérites de la chevrotine pour le grand gibier, expliquer que le chevreuil et le cerf font plusieurs portées annuelles, ou encore prétendre le plus sérieusement du monde que les migrateurs "sont des reproducteurs potentiels quelle que soit la saison".
Beaucoup ignorent tout de la biologie des espèces, du droit de la chasse, de la balistique, des équilibres naturels etc.., et se contentent de garder leur siège par le prestige que leur confère une réputation de grand chasseur acquise le plus souvent en tuant plus de gibier que les autres.
Que ce soit à la tête d'une fédération, d'une société communale ou comme simples adjudicataires d'un territoire, ces gens là ne peuvent d'aucune façon remplir leur ôle de formation et d'éducation des chasseurs que leur impose leur mandat. Au contraire, ils donnent parfois le plus mauvais exemple et s'évertuent à expliquer aux plus jeunes que les connaissances théoriques acquises pour passer l'examen du permis ne sont d'aucune utilité car éloignées de la réalité.

Pour relever ce niveau et réserver les postes de responsabilités à des hommes vraiment compétents, une formation sérieuse est indispensable.

Comment :

Un permis de gestionnaire, sorte de permis de chasse du second degré, pourrait être rapidement mis en place par les services de l'Office National de la Chasse. La réussite à l'examen donnerait droit à la remise d'un diplôme d'aptitude aux fonctions de responsable cynégétique et à l'inscription du candidat sur une liste d'aptitude. Il ne s'agirait pas d'une épreuve réservée à une élite intellectuelle mais d'un test permettant de s'assurer que le candidat a bien assimilé les connaissances indispensables pour gérer sainement un territoire et prodiguer de bons conseils aux chasseurs de base.

Le but est de rendre la détention de ce diplôme obligatoire pour postuler aux postes de responsabilités que sont les fonctions d'administrateur de fédération, de président de société communale, d'adjudicataire de territoire de chasse, ou encore de lieutenant de louveterie.

Pour permettre à chacun de réussir moyennant un travail personnel, le programme devrait être clairement défini, il pourrait être communiqué soit sous forme de polycopiés soit sous forme de liste d'ouvrages de référence. La mise en place de stages de préparation ouverts à tous les candidats, serait souhaitable dans chaque département.
Le programme porterait à la fois sur le droit de la chasse et de l'environnement, la biologie du gibier, la connaissance des espèces et des milieux, les armes, la balistique, les différents modes de chasse, la gestion cynégétique, la pédagogie etc...

Pour limiter les tentatives de fraude de la part de dirigeants déjà en place désireux de conserver une situation confortable, il serait bon de faire organiser les épreuves par du personnel totalement indépendant et ne pouvant être soumis à aucune pression de la part des fédérations.

Dans un premier temps et pendant les premières années de mise en place de l'examen, ce "super permis", quoique facultatif, conférerait à son possesseur une priorité sur les autres candidats dans les différentes élections aux postes de responsables ainsi que pour les locations de territoires. Les candidatures de chasseurs ne figurant pas sur la liste d'aptitude ne seraient admises que dans la mesure où le nombre de postes offerts serait supérieur à celui des candidats remplissant les conditions d'aptitude.
Une telle procédure conserverait une souplesse suffisante pour permettre de pourvoir les postes vacants avec des simples chasseurs en cas de manque de candidats titulaires du diplôme de responsable.

La mise en place de l'examen et la priorité donnée à ceux qui l'ont réussi suffirait pour créer une saine émulation et entraîner vers la formation de responsable tous ceux qui souhaitent occuper un poste de responsabilité ou obtenir un mandat dans le monde de la chasse.
La crédibilité des chasseurs ne pourrait qu'y gagner, et insensiblement dans l'opinion publique, l'image de chasseur-destructeur laisserait place à celle de chasseur-protecteur, beaucoup plus respectable.

Conclusion

Bien que l'amélioration du permis "général" soit souhaitable et que cette épreuve doive à terme être accompagnée d'options spécialisées pour les chasses requérant des connaissances particulières comme la chasse du gibier d'eau, du grand gibier et celle du gibier de montagne, il faut impérativement passer auparavant par l'étape urgente de la mise en place du permis de responsable cynégétique qui est le seul moyen d'obtenir des cadres compétents à la tête des associations et des fédérations.
Cet outil permettant de rehausser le niveau de la chasse serait utilement complété par le "permis jeune chasseur accompagné" dont l'effet serait de rajouter dans les rangs des chasseurs, des éléments nettement plus ouverts que la moyenne à la notion de gestion des espèces et des milieux.

Ces deux réformes simples mais efficaces, permettraient à la chasse de franchir le cap du XXI siècle avec une moins mauvaise image de marque que celle dont elle souffre actuellement.


 

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