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Nos lointains ancêtres et la chasse


De nombreux anthropologues avancent que la consommation de la viande a fortement contribué à l'apparition des caractères morphologiques, physiologiques et sociaux qui différencient les pré-Hominiens des Singes. Comment nos "ancêtres" se procuraient-ils de la chair ?

Il serait vain de croire que les plus anciens d'entre eux, les Australopithèques  qui vivaient il y a environ 4 millions d'années, aient été des chasseurs émérites. Ils semblent avoir été plutôt des opportunistes et des nécrophages, profitant des carcasses d'animaux tués par les grands fauves. Ce phénomène a certainement été favorisé par les changements structuraux et climatiques qui ont affecté l'Afrique de l'Est : les grandes forêts ont laissé la place à la savane, aux espaces découverts. "L'Homme est né d'une catastrophe écologique" (Y. COPPENS).

Les contemporains de LUCY ne possédaient ni la morphologie, ni les armes (naturelles ou artificielles) nécessaires pour occuper une place prédominante dans la chaîne alimentaire. Ils étaient beaucoup plus souvent proies que prédateurs : en effet, les mâles mesuraient à peine 1,5 mètre pour environ 45 kg. Leurs longs bras attestaient encore de la possibilité de vivre ou de se réfugier dans les arbres pour échapper à la menace permanente des fauves. Ils en ont sans doute profité pour observer les déplacements et les habitudes des prédateurs et aussi appris à localiser la présence des carcasses en observant le manège des oiseaux ou des mammifères charognards.

 Pour chasser avec succès, le prédateur naturel possède un certain nombre de qualités, innées ou acquises : armes (la griffe et le croc), acuité des organes des sens, puissance, vitesse, adresse... expérience de la chasse. Les pré-Hominiens et les Hominiens ne sont guère favorisés dans ces divers domaines. Pour compenser leur handicap, ils devront se doter au fil des millénaires, d'armes de plus en plus performantes, puis dans un passé plus récent (au néolithique), de chiens, capables en particulier de se substituer à la faiblesse de leurs organes des sens. Par contre, l'évolution de leur intelligence, leur esprit d'observation, leur capacité d'adaptation rapide à des situations imprévues, seront des atouts importants dans l'élaboration de leur statut de chasseurs. Mais comment devenir un chasseur efficient sans armes efficaces ?

Les premiers outils de pierre taillée retrouvés à OLDUVAI (ou OLDOWAY), en Tanzanie, ne sont pas des armes. Vieux de plus de trois millions d'années, ce sont des éclats de pierre à bords tranchants, utilisés pour dépecer, pour désarticuler les membres, pour racler les chairs.   Certains autres sont des galets bruts ou aménagés (dits choppers ou chopping-tools) destinés à briser les crânes et les os à moelle.

L'absence d'armes de pierre dans les gisements, pendant des millénaires, n'est cependant pas une raison suffisante pour affirmer que nos "ancêtres" ne possédaient pas d'autres moyens pour chasser. Ils ont pu utiliser des épieux, des massues de bois, des armes faites d'os, de cornes... qui ne se sont pas conservés dans les gisements.

La première présence d'armes de pierre daterait de l'Acheuléen (environ -150 000 ans) attestée par la grande abondance d'éclats provenant de la taille. En fait, de l'Homo habilis (2 à 3 millions d'années), jusqu'à l'Homo erectus (1,6 million d'années à - 500 000 ans) et aux premiers Homo sapiens archaïques (-500 000 ans à-200 000 ans), aucun progrès technologique notable ne s'est manifesté dans le domaine de l'arme et de l'outil alors que l'évolution biologique des hommes progressait nettement plus rapidement.

Privés d'armes et donc de proies, préhominiens et premiers hommes étaient soumis à un régime alimentaire proche de celui des grands singes actuels (1), complété par la nécrophagie et l'exploitation des os des carcasses. Dans les gisements, les os sont retrouvés brisés et portent généralement les traces des outils qui ont servi à extraire la moelle. D'autre part, l'examen des dents des différents hommes fossiles, atteste d'un régime omnivore

Ce régime omnivore est d'ailleurs une chance pour l'homme, il libère l'individu d'un lieu, d'un biotope précis : c'est une énorme possibilité qui lui est offerte par rapport à d'autres espèces. Cette diversité alimentaire favorise l'essaimage des populations et leur adaptation à de nouveaux milieux. La recherche de la nourriture aurait favorisé le processus d'hominisation, de comportements sociaux bien particuliers. Alors que le régime végétarien strict ne favorise pas les sociétés car chacun peut se débrouiller seul, le régime omnivore, avec la recherche de la viande et la cueillette, impose le partage.

La nécrophagie, quant à elle, présente de nombreux avantages : il est plus facile et plus rapide de récupérer une carcasse abandonnée que de capturer ou tuer un animal - c'est aussi un gain de temps appréciable par rapport à la cueillette et c'est enfin un facteur de sécurité, moins on passe de temps en terrain découvert, moins on risque d'être la proie des prédateurs. Enfin, la chair, la cervelle, la moelle apportent une richesse en protéines et en énergie, vitales pour l'individu. Ce statut peu reluisant de charognard s'est lentement transformé au fur et à mesure que s'exprimaient les principaux facteurs évolutifs conduisant à l'Homo habilis, puis à l'Homo erectus : la bipédie affirmée, l'accroissement de la taille et de la force, l'accroissement du cerveau.

Le piégeage (fosses couvertes ou non), l'affût auprès des points d'eau ou des gués ont certainement constitué les premiers modes de chasse - ainsi que les manifestations opportunistes de capture de proies vivantes : nouveaux-nés, jeunes ou animaux âgés, au cours des grandes migrations des herbivores (cf migrations africaines des gnous et des zèbres, migrations paléolithiques ou actuelles des rennes), prélèvement des animaux malades ou ayant péri accidentellement, par noyade...

Dotés de possibilités physiques améliorées, possédant la maîtrise du feu (- 500 000 ans environ) (2), les homo sapiens archaïques, vont se libérer partiellement de l'emprise du danger, de la peur, de la faim. Les pré-néandertaliens (- 200 000 ans) et surtout les néandertaliens (-125 000 à - 32 000 ans) seraient les premiers véritables chasseurs, capables de s'attaquera certains animaux, de se défendre contre les grands fauves avec plus ou moins de succès, grâce à des épieux (3). à des massues, à des haches de pierre (celles fabriquées à partir de bifaces micoquiens, à pointe très aiguë et très lancéolés sont la preuve d'un progrès technologique très net). Mais aucune arme ne leur permet encore d'atteindre un animal à distance (à part des sortes de bolas que l'on trouve dans le moustérien d'Europe et se présentant sous forme de pierres calcaires, très rondes, disposées par trois...)

Malgré cet armement encore rudimentaire, les chasseurs acheuléens ont abandonné il y a prés de
150 000 ans, dans la grotte du PRINCE (prés de la frontière italienne), des bifaces au tranchant rectiligne. des racloirs... et les restes de leurs prélèvements : os de cerfs, d'ours, de bouquetins, de rennes...

Cependant, pendant toute la préhistoire et très récemment encore chez certaines peuplades, la nécrophagie a persisté comme solution opportuniste ou de pénurie (surtout lors de périodes climatiques éprouvantes pour la faune et pour l'homme). Une publication récente fait état d'actes de cannibalisme chez les Néandertaliens, sans préciser s'il s'agissait de pratiques rituelles ou de situations de pénurie (4).
Il  faudra  attendre  le  Paléolithique supérieur  (- 38 000 à - 9 000 ans) pour que l'homme de CROMAGNON manifeste pleinement ses qualités de chasseur, grâce à des armes sophistiquées qui permirent de pratiquer "la chasse à distance" : armes de jet (javelines, javelots) projetées à la main ou sagaies et harpons projetés à l'aide d'un propulseur.

 

Les Prê - Hominîens et les Hominiens Chronologie simplifiée :

  • ? à 4 millions d'années : Australopithèques ( phase pré-humaine )
  • 3 à 2 millions d'années : Homo habilis ( phase humaine )

Ces deux phases se recouvrent en partie

  • 1,6 million d'années : Homo erectus
  • A partir de - 500 000 ans : Homo sapiens archaîques
  • A partir de - 250 000 ans : Homme de Néandertal ( mais t'anatomie néandertalienne classique s'établirait vers -125 000 ans )
  • A partir de - 38 000 ans : Homme de CRO-MAGNON ( en France ) appelé aussi Homme moderne (Homo sapiens sapiens)


 

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