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La gestion virtuelle de la predrix grise


Depuis le début des années 80. le mot "gestion" est très utilisé dans le monde de la chasse.

Ce terme d'économie des entreprises est très souvent employé par les dirigeants cvnégétiques. Si toutes les entreprises sont gérées cela ne signifie pas qu'elles le soient toutes bien. Cela ne signifie pas non plus qu'elles soient toutes compétentes. Il en est de même pour la chasse.

'Pourtant dans les milieux cynégétiques, c'est la formule magique et lorsqu'elle est employée, tout a été dit, c’est le must cynegetique

Alors que tout le monde en principe fait de la "gestion", sur le terrain peu de choses évoluent, pour le plus grand drame de l'espèce et de la chasse toute entière. La gestion de la perdrix grise est dans de nombreuses Fédérations de chasseurs totalement théorique.

Parmi les compétences qu'une fédération des chasseurs doit développer, celle de gérer le gibier me parait la plus importante. Cette compétence est même vitale, car sans gibier cette institution n’a plus lieu d'exister. Pour éviter toute contusion, il convient de préciser "naturel". Cet adjectif qualificatif est très important, car il veut dire "qui est né dans la nature" et non pas "qui a séjourné dans la nature" comme pourraient le croire certains. Conserver le gibier naturel me paraît donc la priorité des priorités.

Pour gérer le gibier naturel, il est obligatoire de définir des objectifs. Malheureusement, beaucoup de fédérations ne veulent pas en définir ou peut-être ne savent pas...

Définir un objectif, c'est décrire des résultats attendus. Il est nécessaire d'employer un verbe d'action  suivi d'un complément d'objet direct.

Dans le cas de la Perdrix grise, il faut dire : nous allons gérer de la Perdrix grise naturelle. L’objectif énoncé est ainsi très clair et compréhensible par tous. Il faut ensuite définir la stratégie et les moyens à mettre en œuvre pour atteindre l'objectif. Le problème c'est que définit de cette façon, il est facile de contrôler le travail effectué sur le terrain et de vérifier si l'objectif est atteint. Vous comprenez pourquoi de très nombreuses fédérations ne veulent pas définir d'objectifs. Quand il n'y en a pas, c'est beaucoup plus facile, on parle de gestion pour se donner bonne conscience, mais on ne s'engage pas. Par notre expérience personnelle, nous savons que beaucoup préfèrent les situations mal définies, pour évoluer en eaux troubles et cacher les réalités du terrain. Force est de constater que la gestion passive ou attentiste est la plus souvent en vigueur pour la Perdrix grise. La raison en est simple : gérer les populations naturelles c'est s'opposer à des chasseurs, aux éleveurs de gibier, aux organisateurs de chasses commerciales avec risque de perdre cette place très convoitée d'Administrateur ou de Président de Fédération.

La gestion de la Perdrix Grise est plus complexe et plus contraignante que celle du Grand gibier. Pour gérer la perdrix, au vrai sens du terme, il faut intervenir sur plusieurs paramètres indissociables: l'espèce, le chasseur, les prédateurs, le milieu.

1 - Gestion de l'espèce

Gérer l'espèce perdrix grise, c'est connaître les effectifs de sa population avant chasse. Pour cela il est nécessaire d’estimer la densité d'oiseaux au printemps puis de connaître en été l'indice de reproduction. En tenant compte des pertes estivales. le gestionnaire arrive à connaître le nombre d'oiseaux présents avec une bonne précision.

Observations :
Cette partie de la gestion de l'espèce, tous les services techniques des fédérations la font. Ils le font même très bien avec beaucoup d'abnégation et de passion. C'est à partir de ces éléments pratiques que va pouvoir s'effectuer le calcul du nombre d’oiseaux à prélever. Si le territoire est soumis à un plan de chasse ou s'il y a des zones réelles de gestion (GIC), ces données vont être très utiles lors des commissions pour l'attribution d'un plan de chasse.

Mais si la gestion de l'espèce est inexistante sur le terrain, cela n'a pas de sens. Si les responsables ne souhaitent pas mettre en place une politique de sauvegarde et de développement de la perdrix, cela ne sert à rien de compter. En comptant, les responsables cynégétiques de la Fédération cherchent simplement à se donner bonne conscience et font croire qu'ils s’intéressent à l'espèce. En règle générale, la densité moyenne de perdrix pour 100 hectares, dans de nombreux départements est surestimée. Lorsqu'il n'y a pas une politique de gestion de l'espèce sur l'ensemble du département, seuls les territoires faisant partie de la convention ONC-Fédération sont comptés. Sur ces territoires la gestion est en principe bien faite, mais sur les territoires voisins chacun fait ce qu'il veut. Quand on sait que les surfaces comptées sont très faibles par rapport à la surface du département, les densités ne représentent donc pas la réalité de l'ensemble des territoires. Les densités « officielles" recueillies, servent de "vitrine", elles vont simplement être archivées pour les générations futures sans être exploitées.

Pour gérer une espèce, il me paraît utile et nécessaire de redire que celle-ci doit être naturelle. Si des oiseaux d'élevage sont introduits, il ne s'agit plus de gestion mais d'un repeuplement. La différence est de taille car dans un cas on va s'occuper d’une population naturelle, dans l'autre d'une population artificielle fabriquée par une entreprise

Dans le premier cas, il y a une prise de conscience du rôle que le chasseur doit avoir vis à vis de la population et des générations futures ; c'est une reconnaissance de l'espèce en tant que patrimoine. La gestion de l'espèce a un double souci : préserver le patrimoine en se donnant les moyens de ne pas le faire disparaître et de l'exploiter pour la chasse, en faisant augmenter les densités ou en les maintenant à un bon niveau. C'est aussi la seule façon de pouvoir légitimer la chasse.

Dans le cas du repeuplement, c'est d'abord un constat d'échec. Il souligne souvent l'incompétence. Le souci des responsables cynégétiques est de ne pas intervenir alors que l'état des populations est sur le déclin. La non-intervention est un calcul assez subtil de la part des responsables. La disparition de l'espèce peut alors être imputée à un bouc émissaire, par exemple les prédateurs via les écologistes. Le repeuplement va permettre aux responsables de jouer aux sauveteurs. L'’institution départementale en laissant la situation volontairement se dégrader sans intervenir sort finalement grandie aux yeux des chasseurs. L'avantage de miser sur l'élevage c'est qu'il permet de ne jamais rien imposer aux chasseurs. Mais le plus grave, c'est que de nombreux dirigeants pensent sincèrement que c'est la seule solution. Nombreux sont ceux qui pensent que l’on peut remplacer une espèce naturelle connue depuis 30 millions d'années et adaptée au terroir par une autre dont c'est la 30ème  génération de captivité.

A vouloir ne s'occuper que des chasseurs, de nombreux dirigeants se coupent de la réalité. Il y a un abîme entre ces deux façons de concevoir la gestion d'une espèce. Ce sont deux écoles distinctes. Il y a donc la gestion active de terrain qui définit des objectifs, qui agit, qui donne une image positive de la chasse. Il est toujours fait référence à cette gestion quand il faut montrer que les chasseurs sont responsable. Pourtant ils ne sont pas nombreux à la pratiquer sur de grandes surfaces.

La deuxième école est la gestion passive qui donne des conseils mais ne prend jamais position et n'agit pas. La grande incompréhension de nos dirigeants c'est de penser la chasse d'une manière économique. Pas facile pour toutes ces personnes qui ont fait  partie intégrante du boom des années soixante de penser autrement qu'en termes de consommation. Pour eux la chasse doit évoluer et entrer dans le XXIème siècle, en finir avec le passé. L'espèce est un banal produit de consommation  et quand le stock est vide, on le remplace. Avec ce système le chasseur passe, avec juste raison, pour un incapable.

Il est nécessaire de rappeler que compter au printemps et échantillonner en été des perdrix, ce n'est pas  gérer si les résultats ne sont pas exploités sur l'ensemble d'une région, d'un département.

2 - Gestion du chasseur

Avec la mise en place de la gestion active de l'espèce perdrix, c'est le chasseur qui doit définir le nombre d'oiseaux à prélever pour le territoire. Ce chiffre est déterminé par la densité de printemps, par l'indice de reproduction et les densités que l’on souhaite atteindre le printemps suivant.

Mais en fait ce n'est plus le chasseur qui décide, mais l'espèce. Le calcul est étroitement lié à son abondance ou à sa raréfaction Le chasseur gestionnaire doit aussi définir la période de chasse.

ver le chasseur ? De nombreux chasseurs n'ont toujours pas compris l'enjeu que représente la sauvegarde des espèces naturelles. Sans elles, la chasse au sens réel du mot, n'a pas lieu de se poursuivre. Pourtant personne n'intervient et tout est fait pour conserver le chasseur, ne pas le mécontenter.

En s'engageant, il y a quelques décennies, dans les repeuplements massifs, puis les lâchers de tir, les dirigeants de la chasse française pensaient avoir résolu le problème de la diminution du gibier naturel. Beaucoup continuent à soutenir ce projet, car c'est la formule miracle. Ce système permet de ne rien imposer, de ne pas intervenir dans la limitation des prélèvements et le chasseur peut continuer à faire sur le terrain ce qu'il veut.

Heureusement, il y a des chasseurs authentiques qui réfléchissent et analysent leurs actes. Car en éliminant le gibier naturel, le chasseur s'élimine automatiquement de la nature et il perd tout crédit aux yeux de l'opinion publique. Il élimine l'acte de chasse pour le remplacer par une parodie absurde et inutile. Il ne peut y avoir chasse que si le gibier est naturel.

Dans le cadre des plans de chasse perdrix, la répartition des oiseaux pose des problèmes pour les dirigeants lors d'années à faible indice de reproduction et sur les territoires à faible densité. Le nombre de perdrix à répartir entre les chasseurs n'est pas assez important. De plus les lâchers d'oiseaux d'élevage de l'espèce gérée sont interdits. La gestion active protège l'oiseau au détriment de l'activité chasse. Pour ceux qui sont des nostalgiques de la chasse sans limitation, cela n'est pas tolérable. Comme beaucoup de chasseurs ne font pas la différence entre le gibier naturel et le gibier artificiel, le plan de chasse perdrix n'est pas très bien vu, il est même très décrié.

La gestion active ne s'improvise pas. Elle doit être expliquée aux chasseurs, et nécessite une volonté réelle de changement L'incapacité de mettre en place une formation continue des chasseurs est assez symptomatique du mal de la chasse française. 11 n'y a aucune envie de faire évoluer les chasseurs vers l'avenir, vers une plus grande compétence. En restant tourné vers le passé, en ne voulant pas agir de peur de contrarier les adhérents, il ne peut y avoir évolution. Il n’y a pas de la part des dirigeants une volonté réelle de vouloir faire changer les mentalités, de faire du chasseur une personne responsable. Pourtant une majorité de chasseur est prête à faire des efforts, mais pour cela il faudrait un discours clair et des objectifs précis.

Si les indices de reproduction sont faibles et les disparitions importantes, c'est qu'il y a peut-être des facteurs limitants nouveaux qui sont apparus lors des dernières décennies ? La gestion active, puisqu'elle est pratiquée sur le terrain, montre les incidences négatives du milieu sur la perdrix. Mais reconnaître que le gibier est victime d'empoisonnement, de pollution, qu'il n'y a plus d'insectes c'est prendre position. Dénoncer ces problèmes s'est s'opposer aux groupes de pression de l'agriculture intensive et des industries chimiques. Alors, par peur de faire des vagues, parce qu'il y a aussi des accords tacites entre ces différentes parties, rien n'est fait et surtout on ne s'engage pas. Ils attendent patiemment l'extermination de l'espèce et ils diront : "vous voyez, il n'y avait rien à faire !" Naturellement ce sont ces
dirigeants qui militent pour la mise sous tutelle de la chasse par le ministère de l'agriculture.

3 - Gestion des prédateurs

Le chasseur, de tout temps a été un prédateur des diverses espèces. Il y a de très nombreuses années, il recherchait les grands carnivores, principalement pour la fourrure. Avec le temps les choses évoluent et les vêtements en peau de bêtes, ne sont plus de mode. Si le chasseur ne s'intéresse plus à la fourrure, il s'intéresse à ses concurrents directs. Avec la raréfaction de leurs proies potentielles, les prédateurs se reportent sur d'autres espèces, surtout lorsqu'ils ont des jeunes à nourrir. Les pertes sont importantes : de 30 à 50 % chez les poules perdrix au printemps. La régulation des espèces prédatrices de la perdrix est donc nécessaire pour limiter les pertes des poules et éviter la prolifération des prédateurs La gestion active doit prévoir la régulation des carnivores, mais pas leur extermination. Il est nécessaire que ces espèces prédatrices nettoient la nature des proies malades ou blessées. Ces espèces ont un rôle sanitaire important.

Observations :
La prédation est le cheval de bataille du gestionnaire passif. Souvenez-vous, il y a peu de temps encore, les rapaces étaient la cause de la diminution des perdrix. Avec habileté, ils étaient désignés comme les responsables de la disparition du petit Comme ces rapaces sont des chasseurs diurnes, tout le monde peut les voir agir en campagne, pour leur malheur Mais qu'ils prennent un mulot ou une perdrix, personne ne fait la différence : c'est toujours aux gibiers qu’ils s’attaquent Pendant que le chasseur se focalise sur eux, il ne pense pas à d'autres éléments susceptibles de nuireà la perdrix. Depuis peu, l'Étude Nationale Perdrix Grise nous a permis d'en connaître un peu plus sur la prédation. Avec surprise, certains découvrent que les carnivores sont les principaux responsables de la prédation estivale. Alors, changement de stratégie : piégeons intensivement les carnivores. Les responsables cynégétiques savent s'adapter à merveille à toutes les situations. Mais cela était plus facile d'attaquer les rapaces, car ils sont protégés depuis une vingtaine d'années. Cela permettait de s'en prendre, en passant, une nouvelle fois aux protecteurs des rapaces. Non, gérer les prédateurs ce n'est pas tout éliminer, c'est vivre en bonne intelligence avec eux.

Dans de nombreux endroits, il n'y a plus personne pour effectuer le travail de piégeage. La bonne solution consiste à embaucher, comme cela se fait dans quelques fédérations, des gardes pour effectuer la prédation. N'oublions pas que nous sommes à une époque où le système «clé en main» est très prisé. Et pour une fois, une action concrète de grande envergure pourrait être envisagée par certaines Fédérations pour venir en aide aux chasseurs de base. Mais cela ne sert à rien de piéger intensivement si, en parallèle, il n'y a pas la mise en place de contrôles des prélèvements et un combat pour l'amélioration de la qualité du milieu.

Ne rejetons pas toujours sur les autres nos responsabilités, la prédation est le faux problème de la disparition de la perdrix grise.

4 - La gestion du milieu

Le problème N° 1 de la perdrix grise vient de la dégradation du milieu. Augmentation de la taille des champs, disparition des repères naturels, disparition des abris, industrialisation des méthodes de culture, emploi de produits toxiques, disparition des insectes au printemps, disparition des plantes sauvages, sont les causes de la raréfaction croissante de la perdrix grise.

Pour atténuer tous ces problèmes la solution consiste à créer des aménagements dans la plaine. L'apport de nourriture en hiver et au printemps, la création de repères visuels et d'abris contre les prédateurs sont nécessaires pour conserver de bonnes densités de perdrix.

Observations :
Ces méthodes, bien appliquées, sont efficaces jusqu'à l'éclosion des œufs. Ensuite le chasseur ne peut plus agir ; il est impuissant au problème posé par le milieu. Malheureusement celui-ci est de plus en plus pauvre en insectes et, si le temps n'est pas idéal, les indices de reproduction sont mauvais. Des gestionnaires préconisent des solutions artificielles pour nourrir les jeunes insectivores pendant les trois premières semaines. Mais ces solutions qui mettent à disposition de l'alimentation pour jeunes dans les agrainoirs, sont inefficaces. Instinctivement, comme elle le fait depuis 30 millions d'années, la poule part à la recherche d'insectes et délaisse l'agrainoir. Comment pourrait-elle savoir que l'aliment mélangé au grain est pour ses jeunes ? Ces préconisations, pleines de bonnes intentions ne peuvent pas résoudre le problème C'est une nourriture animale qu'elle recherche les 3 premières semaines. Ce qu'il faut c'est rendre le milieu plus riche en insectes.

Toutes les solutions énoncées sont des méthodes curatives. Le milieu est très malade et nous n'essayons pas de le soigner pour ne pas froisser la susceptibilité de certains agriculteurs. Combien d'heures d'efforts faut-il pour en arriver, à l'automne, à ne tirer qu'un perdreau pour ne pas entamer les stocks ? Bien sûr il faut continuer les efforts d'aménagement du milieu, mais en même temps il devient urgent de mettre en place des méthodes préventives de gestion, et c'est latransparents, inexistants. Au lieu de continuer à encourager implicitement le tir de volatiles artificiels nés en batterie, de fermer les yeux sur le pillage des souches naturelles, ces responsables devraient, pour la chasse, s'investir dans la sauvegarde de la plaine. Malheureusement nos responsables sont plus préoccupés par la perte des adhérents et leur réélection que par la raréfaction du gibier naturel. Focalisés par leur fonction, ils ne voient pas bouger le monde ou font semblant de ne pas le voir.

La sauvegarde des haies, des bois, des buissons doit être une priorité. Il faut exiger lors des remembrements que des buissons, des haies basses soient plantés le long des chemins de plaine. Il devient urgent de faire des campagnes de prévention pour le respect physique et chimique des chemins. Il faut exiger des industries chimiques qu'elles produisent des produits propres et sélectifs ne mettant pas notre vie ainsi que celle de la faune et la flore en péril. Un milieu plus sain c'est plus d’insectes et c'est le retour des outardes canepetières, des cailles, des alouettes, des bruants, des perdrix. C'est la garantie d'une chasse durable.

Imaginons un instant quelle image nous pourrions avoir aux yeux de l'opinion publique : le chasseur responsable qui se bat pour sauvegarder le milieu et toutes les espèces naturelles.

Je ne suis pas utopique  plus d'insectes dans le milieu ne veut pas dire abandon de la grande culture. Je suis convaincu que la culture industrielle peut être efficace sans tout brûler, tout piller, tout polluer. Des chasseurs agriculteurs réussissent à obtenir de très belles densités en créant des aménagements judicieux et en réduisant les interventions chimiques sur les cultures et en continuant à bien gagner honnêtement leur vie. Mais sur les chasses communales, comment faire si ce n'est défendre un projet national de sauvegarde de la faune et de la flore de nos plaines?

Il est plus facile d'encourager la chasse artificielle que d'affronter la réalité du terrain.

Pour beaucoup de dirigeants c'est à l'espèce de s'adapter à la dégradation du milieu et si elle ne peut le faire, il faut la remplacer !

 Conclusions :

Très peu de fédérations se sont investies dans la sauvegarde de l'espèce naturelle perdrix grise. Celles qui se sont engagées ne sont pas à l'abri d'un retour en arrière sous la pression du lobby des éleveurs de "gibiers" et des chasses commerciales. De plus, ces orientations ne sont pas toujours suivies et admises par le monde cynégétique. Beaucoup de Présidents de fédérations, partisans bien sûr de la "gestion passive", critiquent ouvertement ce type de gestion mise en œuvre chez le voisin et qui fait la part belle au gibier naturel. Chez eux, ils ne veulent rien imposer, préférant laisser une entière liberté aux adhérents Les populations de perdrix disparaissent petit à petit, faute d'objectifs, par manque de convictions cynégétiques.

Pour essayer de compenser ce problème, les responsables locaux compétents (ils existent) limitent la chasse dans le temps pour préserver l'espèce. Alors on chasse de moins en moins la perdrix grise car ils ne peuvent intervenir sur les problèmes de dégradation du milieu. Paradoxe de la situation, ceux qui veulent préserver l'espèce, qui crédibilisent la chasse, se donnent des contraintes supplémentaires, alors que ceux qui ne font rien pour l'espèce chassent plus et ne se limitent pas II n'est pas facile dans ces conditions de maintenir l'esprit naturel des chasseurs, surtout quand les voisins saccagent tout sans avoir de comptes à rendre à personne.

Les partisans du tout artificiel usent aussi beaucoup de leur influence pour déstabiliser ou saborder les projets de gestion active, pas rentables pour eux. Dans plusieurs départements, le tir de la perdrix rouge est autorisé jusqu'au 31 janvier et les professionnels de l'élevage intensif font pression pour obtenir dans leur département les mêmes règles. Les espèces naturelles ne sont même pas reconnues comme telles, mais comme une entrave commerciale. Plus vite elles auront disparu, plus vite il sera possible de gagner davantage d'argent. Après avoir éliminé au nom du progrès cynégétique le faisan et la perdrix rouge naturelle ( dans le Bassin Parisien) c'est au tour de la perdrix grise de payer au nom de l'argent. En prenant cette option artificielle, le chasseur se coupe de son support : la nature.

En se coupant du milieu naturel, cela lui évite surtout de se poser des questions sur la dégradation du milieu, sur les agissements de leurs adhérents, et sur les problèmes causés par la culture intensive.

Mais plus grave encore, en procédant ainsi, la chasse n'a plus de signification, elle ne défend plus aucune valeur. Autant l'acte de chasse est compris par les non-chasseurs quand le chasseur prélève les surplus produits par la nature autant il focalise l'attention, suscite le rejet quand il s'agit simplement de tuer pour tuer.

Pour comprendre cela, il faudrait des dirigeants qui aiment la chasse au sens noble du terme et pas seulement les honneurs la perdrix grise ne peut être sauvée et gérée que par des véritables passionnés de chasse mais surtout pas par des discours abstraits de "gestionnaires passifs".

Moi. le descendant de ces chasseurs Magdaléniens qui bivouaquaient, il y a 14 000 ans, dans la grotte de la Vache-Alliat pour chasser le bouquetin et la perdrix grise dans les pré-Pyrénées, je ne comprends pas.

Moi. dont les aïeux poursuivaient les compagnies de perdrix en prenant soin de ne jamais poursuivre 2 fois une compagnie qui avait été arrêtée par les chiens, je suis consterné.

Comment eux, descendants de ces chasseurs, peuvent-ils se prêter à cette mascarade ?

Comment des chasseurs dignes de ce nom en sont arrivés à tirer des oiseaux qui n'ont jamais vu un insecte et ne savent pas voler ?

Comment ces "chasseurs" qui défendent les traditions peuvent-ils laisser faire ça ?

Pourquoi un tel manque de culture ?

Pourquoi un tel mépris des espèces naturelles ?

Artémis. Diane, Saint Hubert et toi Padri grand esprit des Perdrix grises, dites-moi que demain la plaine va revivre sous le chant des oiseaux !
'
Dites-moi que les fleurs des champs vont refleurir sur les chemins de campagne !
'
Dites-moi que la plaine va redevenir radieuse et que bientôt le chasseur va redevenir écologiquement responsable !

 

Dominique AUFRADET
Administrateur de la Fédération des Chasseurs de Seine et Marne.

 

Rappel des avantages du plan de chasse préfectoral Perdrix grise

1 - Méthode de gestion identique pour tout le monde.
2 - Consultation et implication des responsables locaux à tous les niveaux du plan
de chasse.
3 - réservation de l'espèce en cas de mauvaise reproduction ou de mauvaise gestion
(il n'y a pas d'attribution de perdrix).
4 - Préservation des souches naturelles (il y a suppression des lâchers de perdrix
grises).
5 - Répartition des prélèvements en fonction des densités du printemps et de la
reproduction.
6 - Liberté dans le choix des jours de chasse et du mode de prélèvement.
7- Liberté dans /a réalisation du plan de chasse (elle peut se faire sur 2 mois et demi).

Il y a obligation de marquer (comme pour le grand gibier) chaque oiseau tué. Le marquage se fait autour d'une patte avec un autocollant portant un numéro.
Naturellement, il est absolument nécessaire de mettre en place en parallèle une stratégie nationale pour la sauvegarde des milieux.


 

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