Accueil Présentation chasse Environnement Réflexions La lettre de l'ANCER Téléchargements Archives Contacts Plan du site
 
 

   
Jour sans chasse : compromis, clientélisme ou bon sens


Depuis l'initiative du Premier Ministre concernant l'étude d'une loi chasse menée par M. PATRIAT, les réunions, colloques et autres conférences entre chasseurs et protecteurs se succèdent. Le mot systématiquement mis en avant est "consensus".

Consensus oui, mais pas n'importe comment, ni sur n'importe quoi. Moderniser la chasse pour que sa pratique tienne compte des réalités écologiques d'aujourd'hui, sans aucun doute, mais lorsque les revendications font appel aux vieux démons de l'intégrisme zoophile, là catégoriquement NON!

Tel est le cas de la demande d'interdiction de la chasse le mercredi (jour des enfants) et le week-end (journées familiales) faite par les protecteurs les plus extrémistes et qui retiendrait l'attention de certaines personnalités qui flatteraient ainsi leur électoral potentiel. L'argument principal de cette revendication
est que la chasse est une activité dangereuse et que les chasseurs interdisent aux non-chasseurs les joies de la promenade. Au nom de l'égalité, ils demandent un partage équilibré des espaces naturels. La semaine aux chasseurs, les week-end aux non-chasseurs.

L'acceptation de ce type de demande relève plus du clientélisme politique que du bons sens.

En ce qui concerne un partage équilibré, faut-il rappeler que la chasse est ouverte (hors domaine maritime) de début septembre à fin février et que tout porte à penser que très rapidement la fermeture générale aura lieu le 31 janvier. En ce qui concerne la chasse en septembre, dans un nombre non négligeable de sociétés communales cette dernière n'est ouverte que quelque jours par semaine et notamment le dimanche. En interdisant la chasse le dimanche, l'ouverture générale est de fait repoussée au 1er octobre. Ce qui nous fait 4 mois de période de chasse sur 12 sans compter que dans bon nombre de départements la chasse de certaines espèces et déjà limitée en semaine, en ce qui concerne le  partage mathématique, force est de constater que les chasseurs occupent moins le terrain que les autres utilisateurs de la nature.

En interdisant de chasser mercredi et week-end, nous interdisons à une majorité de chasseurs de ... chasser tout simplement. De plus et c'est à mon avis le plus grave, nous considérons que les chasseurs n'ont ni enfants ni famille, puisque cette décision leur supprime le droit de partager leur passion avec les personnes qui leur sont chères. Interdire à un père ou une mère de chasser avec son fils ou sa
fille qu'y a t'il de plus intolérable ?

En ce qui concerne la fréquentation des espaces naturels par les non-chasseurs, force est de constater que celle-ci est plus importante du printemps à la fin de l'été (mise à part l'époque des champignons) et concerne les zones périurbaines (environ 30% de l'hexagone).

Interdire à un propriétaire de chasser chez lui, pour permettre à des non chasseurs de se promener ressemble à une farce de mauvais goût qui d'ailleurs laisse des traces puisque commencent à fleurir en limite de propriété  privée quelques pancartes avec l'inscription "Chasse interdite le mercredi, promenade interdite toute l'année". A loi stupide. Réaction stupide.

Quant au syndrome du chasseur-tueur lancé à tout bout de champ par les activistes de la protection animale, il faut être clair et honnête, il est beaucoup moins dangereux de se promener dans les bois un jour de chasse que de prendre le volant chaque matin pour amener ses enfants à l'école.

La véritable démarche de consensus et de réflexion pour résoudre un problème est tout d'abord de l'identifier puis de trouver les moyens d'en maîtriser les risques. L'interdiction de chasser le mercredi ou le week-end supprime-t-elle les risques d'accident ? Répond-t-elle à la demande de partage équilibré des espaces naturels ? NON, sous de faux arguments, elle vise uniquement à réduire un peu plus le temps de chasse.

En ce qui concerne les risques, après analyse des statistiques, nous constatons que les accidents touchent en grande majorité les chasseurs et qu'ils ont lieu aux cours de chasses à tir aux gros gibiers et plus particulièrement lors des battues. Il s'agit donc d'un mode de chasse, et non pas de la chasse en général, qui provoque des accidents (la chasse à courre, la chasse au vol et la plus part des chasses dites "traditionnelles" palombes et alouettes aux filets, canards à la tonne, gluaux... ne sont en aucun cas dangereuses pour les promeneurs). De plus la chasse au gros gibier n'est pas pratiquée aussi fréquemment d'un département à l'autre (tout dépend de la densité des populations).

Dans beaucoup de communes, de faibles densités d'ongulés et des plans de chasse réduits limitent le nombre de battues aux grands gibiers, donc de jours à risques.

Il  serait  donc  simple  de  prendre  des  dispositions permettant la pratique de ce mode de chasse en toute sécurité, que se soit pour les chasseurs ou les non-chasseurs (même si la chasse devait être totalement interdite, tout le monde s'accorde pour dire qu'il faudrait réguler le grand gibier - canton de Genève - pourquoi ne pas appliquer les mêmes dispositions maintenant) ?

Ces dispositions pourraient être :
- Informer la population par voie d'affichage en mairie et par distribution d'affichettes dans les boites aux lettres des jours et du lieu des chasses en battues.
- Baliser les zones de chasse en battue par des pancartes
- Instaurer que chaque poste de tir devrait être surélevé (soit petit mirador, soit butte de terre,...) assurant un tir fichant.
- Interdire les lignes de battues en bord de route
- Améliorer les connaissances des responsables de battues en rendant obligatoire l'obtention du brevet Grand Gibier.

Vous en conviendrez, l'interdiction de la chasse le mercredi et le week-end, ne se justifie ni en terme de gestion des espèces, ni en terme de sécurité publique. C'est tout simplement un moyen de réduire progressivement cette activité.

Vu sous cet angle la cohabitation chasseurs/non chasseurs reste un faux problème et ce genre de décision arbitraire risque d'avoir l'effet inverse à l'objectif recherché.

Mais l'entretien judicieux de ce conflit n'est-il pas un moyen de gérer la situation? Oui, mais jusqu'à quand ?

 

| design : webmenestrelle.free.fr | association nationale pour une chasse écologiquement responsable |
| La Charte graphique, tous les graphiques, html, marques, trademarks, nom de softs, photographies, sont sujets au copyright de leur(s) proprietaire(s) et/ou auteur(s) respectif(s).
Toute forme de reproduction interdite, cf. code de la propriété intellectuelle. Référez vous aux lois en vigueur. |