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Quel avenir pour la chasse au gibier d'eau ?


« S’adapter pour pratiquer une chasse durable ou … disparaître »

La crise actuelle, accentuée par le syndrome de la grippe aviaire, est révélatrice d’un malaise profond qui doit nous amener, sauvaginiers de France mais aussi d’Europe, à imaginer et construire la chasse de demain.

Après plus de 20 ans de conflits ouverts, de dispersions « socio-scientifico-administratives », de décisions prises au coup par coup et incompréhensibles depuis le terrain, nous pouvons faire le constat d’échecs retentissants.

Est-ce une fatalité ? Devons nous reprocher aux associations anti-chasse d’êtres efficaces ou plutôt faire le bilan de notre incapacité à les contrer ?

Belle solution de facilité que d’accuser les politiques, les scientifiques, l’administration, les juges … pour empêcher de se poser les bonnes questions.

Regardons la réalité en face : nous ne sommes pas bons !

Quels sont nos projets pour les 10 années à venir ? Comment bien gérer l’immédiat, le court terme, sans projet à long terme ?

Esprit d’assiégés, incompréhension des attentes et exigences de la société, attitudes réfractaires à l’évolution, le monde de la chasse a perdu de son influence et ne sait plus quelle voie choisir.

L’esprit de clan intouchable, aux pratiques immuables l’enferme dans un choix restreint souvent plus vociférateur que constructeur. Vivre en autarcie et nier que les chasseurs ont des comptes à rendre est suicidaire.

L’ouverture, la transparence et l’adaptation sont une obligation vis-à-vis de la société moderne.

Avons-nous des choses à cacher ?

Pourquoi la chasse devrait-elle échapper à cette évolution ?

Faut-il attendre que les réserves de chasse d’aujourd’hui soient demain les seuls espaces où l’on nous autorisera à chasser ?

L’exemple d’outre Atlantique de Ducks Unlimited avec l’utilisation de méthodes de travail professionnelles en communication, marketing, produits dérivés, financements publics et privés, études scientifiques des populations permettant de justifier les prélèvements permet aux chasseurs américains de pratiquer leur passion l’esprit tranquille.

Et nous sauvaginiers français ? Notre seul avenir est-il de chasser à l’étranger ? Ne pouvons nous créer les conditions pour atteindre des résultats positifs ?

Les chasseurs de grand gibier ont ouvert une voie nouvelle et bénéficient maintenant de leur travail, de cette réorganisation qui se traduit au niveau des densités de gibier et des périodes de chasse.

Les chasseurs de petit gibier ont rapidement emboîté le pas et il est désormais un « devoir naturel de préservation » que de participer aux comptages de printemps.

Pour les migrateurs, les bécassiers et les bécassiniers ont aussi pris en main leur avenir et multiplient la collecte et le suivi de données, avec une vision novatrice, à long terme.

Ainsi en quelques années , ces hommes, ces chasseurs ont développé, ont compté, ont communiqué : brevet grand gibier, plan de chasse, analyse d’ailes, suivi des prélèvements…

Des structures cynégétiques, dont certaines fédérations, travaillent avec la Commission Européenne, les Conservatoires des Sites et du Littoral, les Conseils Régionaux et Départementaux.

Elles s’ouvrent, montent des dossiers. Elles montrent la voie pour demain en s’associant avec tous les gestionnaires de territoires car elles ont compris la nécessité de cette évolution.

Nos réflexions et actions doivent porter sur :

  1. la disparition des zones humides, qui est le premier fléau que tous les passionnés d’oiseaux d’eau doivent endiguer ensemble, 
  2. une gestion active des milieux afin qu’ils soient favorables aux oiseaux (sans faire référence à la « rentabilité » cynégétique),
  3. la qualité des prélèvements (pour une meilleure approche de la dynamique des populations),
  4. la quantité des prélèvements (suivi en France et sur l’aire de répartition, PMA Gestion),
  5. la gestion des réserves,
  6. les comptages (pour un meilleur suivi de la migration, de l’hivernage et de la reproduction),
  7. l’évolution et adaptation de la chasse au statut des espèces (moratoire, réintroduction d’espèces protégées dans la liste des espèces chassables, espèces invasives),
  8. les conditions d’usage des appelants (colvert, sauvagines, hybrides, conditions sanitaires, vaccination, trafic d’oiseaux, identification des élevages),
  9. l’adaptation des périodes de chasse sur des bases scientifiques en tenant compte de la dynamique des populations,

Dans tous ces domaines les chasseurs doivent anticiper et être force de proposition, non de réaction et prouver le rôle actif de la chasse dans la conservation des oiseaux et des milieux. 

Sommes-nous incapables ou insuffisamment motivés pour utiliser nos propres données et/ou créer les outils nécessaires?

Pour faire perdurer nos traditions et les transmettre de génération en génération, nous devrons justifier que nos actions sont adaptées au développement durable des ressources.

J’appelle de mes vœux la tenue d’Etats Généraux de la chasse au gibier d’eau rassemblant toutes les structures représentatives et surtout les représentants d’associations locales des chasseurs de gibier d’eau de France pour définir ensemble les contours de la chasse au gibier d’eau de demain.

L’avenir est déjà écrit « S’adapter pour pratiquer une chasse durable … ou disparaître »

Bruno LECHELLE

 

 

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